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25 MAI : Elisabeth Anna PARIAN

Publié le 02/06/2018 à 01:25

 

 

       Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.

       On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;

       On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;

       On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;

       On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil ,

       La sombre égalité du mal et du cercueil ;

       Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;

       Car tous les hommes sont les fils du même père ;

       Ils sont la même larme et sortent du même œil.

       On vit, usant ses joues à se remplir d’orgueil ;

       On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,

       On monte. Quelle est donc cette aube ? c’est la tombe.

       Où suis-je ? Dans la mort . Viens ! Un vent inconnu

       Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,

       Impur, hideux, noué des mille nœuds funèbres

       De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;

       Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini

       Qui chante, et par ce quelqu’un, on sent qu’on est béni,

       Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante

       L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.

       On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent

       Fondre et vivre ; et  d’extase et d’azur s’emplissant ,

       Tout notre être frémit de la défaite étrange

       Du monstre qui devient dans la lumière un ange

Les Contemplations, Victor HUGO 

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